Alfred Brauner
Portrait de Alfred Brauner
Alfred et Françoise Brauner en 1975
Biographie
Naissance
Saint-Mandé, France
Décès (à 92 ans)
Paris, France
Nationalité Autrichienne, Austro-hongroise, Française
Conjoint Françoise BraunerVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Doctorat, université de Vienne (1934), doctorat ès lettres, université de Paris (1946)
Profession Pédagogue (en), écrivain et sociologueVoir et modifier les données sur Wikidata
Idées remarquables Analyse et collecte du dessin-témoignage de l'enfant dans la guerre (1902-2001).
Œuvres principales Vivre avec un enfant autistique (1978), J'ai dessiné la guerre (1991), L'accueil des enfants survivants (1994)
Citation « Un enfant qui ne joue pas n’est plus un enfant »[1]
Distinctions Médaille Hans Prinzhorn[2] ; 1er Prix, New York International Rehabilitation Film Festival
Membre de Société française de psychopathologie de l'expression et d'art-thérapie (Président) ; Groupement de Recherches Pratiques pour l'Enfance (Secrétaire général et fondateur)

Alfred Brauner (né le à Saint-Mandé et mort le à Paris) est un écrivain, sociologue de l'enfance et pédagogue franco-autrichien qui a été volontaire dans les Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole[3] et membre de la Résistance pendant l'Occupation[4]. Il a consacré sa vie au service des enfants réfugiés, déplacés ou dits « inadaptés », participant à l'accueil des enfants juifs survivants de la Nuit de Cristal, ainsi que des camps de Buchenwald et d'Auschwitz de 1939 à 1946[5] et travaillant sur l'autisme infantile dès 1956. Auteur des ouvrages de référence, « Ces enfants ont vécu la guerre », « Les Enfants des Confins », « Vivre avec un enfant autistique », « J'ai dessiné la guerre » et « L'accueil des enfants survivants »[6], il est pionnier avec son épouse Françoise Brauner de l'analyse du dessin de l'enfant dans la guerre[7], créant dès 1937 la première collection de dessins-témoignages afin d'offrir une perspective unique des principaux conflits du XXe siècle à travers le regard des enfants[8].

Biographie

Jeunesse et formation

Né en 1910 à Saint-Mandé de parents austro-hongrois passant deux années en France pour des raisons professionnelles, Alfred Brauner est issu d'une prestigieuse famille viennoise[9]. Son oncle maternel, Erwin Wexberg (de), est neuro-psychiatre et l'un des pionniers de la psychologie individuelle[9]. À Vienne, sa famille organisait des concerts de musique classique privés au Palais EszterhazySigmund Freud était convié[10],[9]. Dans son enfance, il a connu les répercussions de la guerre et voit son père partir à la Première Guerre mondiale pour servir dans l'armée austro-hongroise[5]. Pour le soustraire aux épidémies, ses parents l'envoient pendant la Première Guerre mondiale dans une famille en Moravie[5]. En 1928, il rencontre Françoise Brauner (née Fritzi Riesel) dans un camp d'été pour étudiants en Autriche, qu'il épousera en 1936[8]. Il soutient sa thèse de doctorat à l'université de Vienne en 1934, intitulée « L'unanimisme de Jules Romains », une correspondance s'établissant entre le jeune doctorant viennois et Jules Romains[1]. Au moment de la mobilisation générale, Alfred sera mobilisé dans l’armée française à partir de 1939. Il est décoré de la croix de guerre 1939-1945, cité à l'ordre de la division lors de la bataille de l'Ailette[11]. En 1946, il soutient à l'université de Paris une thèse d'État sur les « Répercussions psychiques de la guerre moderne sur l'enfance »[1], puis présente la même année une thèse complémentaire intitulée « Plan, organisation et résultats de la maison de rééducation de l'enfance délinquante à Kaiserebersdorf près de Vienne (Autriche) ». Son jeune frère émigre aux États-Unis après la Nuit de Cristal et meurt le en Georgie dans l'accident d'avion militaire du Boeing-29 de la United States Air Force, ce qui donnera lieu à l'affaire judiciaire américaine United States v. Reynolds (en)[12],[13],[14],[15].

Carrière

Tout en poursuivant ses études à l'université de Vienne, Alfred Brauner commence son activité professionnelle en tant qu’éducateur dans un centre spécialisé dans l'enfance délinquante à Kaiserebersdorf à Vienne de 1928 à 1933[16]. Pendant la guerre d’Espagne, il se porte volontaire dans les Brigades internationales et est placé à la tête d’un comité d’aide aux enfants évacués ou réfugiés (Comité pro-niños), en raison de son expérience antérieure avec des enfants «  inadaptés »[5],[17],[3],[18]. Il s'agit d'un foyer pour enfants évacués de Madrid et des Asturies après la destruction de Guernica, le but étant d'aider les enfants espagnols des territoires républicains dans le pays même et dans la zone des combats[19],[5]. Finalement, Alfred rentra en France après la défaite de la République espagnole[20],[21].

Durant la guerre d’Espagne, Alfred et son épouse Fritzi (Françoise) découvrent le traumatisme des enfants victimes des guerres après avoir reçu d’une classe de Barcelone un ensemble de dessins. Il s’agit, en plus d’enfants catalans scolarisés qui ont eu la chance de rester dans leur école, de réfugiés de Madrid qui ont assisté à des événements tragiques. Les époux Brauner font l'analyse pédo-psychiatrique du dessin de l'enfant, mode d'expression graphique privilégié du jeune enfant, en soulignant ce qui leur paraît caractéristique du dessin de l'enfant dans la guerre[7], prenant des notes, créant des fiches médicales et des questionnaires. Un thème triple est à retenir des dessins et rédactions d'enfants de la guerre d'Espagne : « Ma vie avant la guerre - Ce que j’ai vu de la guerre - Comment je vois ma vie après la guerre », fruit d'un concours organisé par Alfred Brauner parmi les enfants de Barcelone en 1938[19]. C'est alors le début de leur œuvre sur les « enfants ayant vécu la guerre ». 4000 dessins d'enfants réfugiés et de nombreuses rédactions ont alors été recueillis en Espagne, qui plus tard, avec d'autres dessins d'enfants en guerre, permettront d'offrir un témoignage unique des conflits du XXe siècle à travers le regard des enfants[22]. Leur projet de publication de dessins-témoignages d'enfants dans la guerre reçoit le soutien d'Ilya Ehrenbourg et de Romain Rolland qui « regardait cette collection comme d’un intérêt pédagogique, historique et humain considérable »[1].

En 1939, aux côtés de Françoise Brauner, d'Ernest Jouhy et d'Harry Spiegel (de), Alfred Brauner accueille 130 enfants juifs, originaires du Palatinat, de Berlin et d'Autriche[5], rescapés de la Nuit de Cristal, au Château de la Guette, propriété de la famille Rothschild et mis à disposition par la baronne Germaine de Rothschild[23],[24]. L'intention d'Alfred Brauner était d’analyser les problèmes posés dans le travail avec les enfants traumatisés par ce qu’ils avaient vécu et la séparation avec leur famille, dans le but de les adapter à une nouvelle vie et de les préparer à une insertion en France[5]. Il s'agissait d'une recherche dans le domaine d'une sociologie de l'enfance comme pour les enfants de la guerre d'Espagne[5]. Certains enfants étaient orphelins ; d'autres avaient été témoins de persécutions et n'étaient pas capables de décrire leurs expériences traumatiques dans leurs dessins[25]. Alfred et Françoise Brauner suggérèrent alors l'écriture d'un "livre" à propos de deux enfants prénommés Peter et Liselotte, auquel tous les enfants pourraient contribuer[25]. Alfred décrit ensuite cette expérience pédagogique dans sa thèse d'État soutenue en 1946, intitulée « Les répercussions psychiques de la guerre moderne sur l’enfance »[19].

À partir de , Alfred Brauner entre dans la Résistance intérieure française et aide la Résistance autrichienne en France, accueillant la direction du Front National Autrichien dans son appartement rue Bonaparte[4],[8]. Les membres du Front National Autrichien venant tous les matins à heure précise, Alfred Brauner décida d'ouvrir un cours d’allemand comme couverture[4].

En 1945, Alfred Brauner participe à l'accueil de 444 garçons survivants des camps de concentration d’Auschwitz et de Buchenwald, l'Œuvre de secours aux enfants dirigée par Eugène Minkowski, s'étant fait attribuer le Préventorium d'Écouis[5],[8],[26],[6]. Cet accueil des enfants rescapés de Buchenwald dans des maisons d'enfants a inspiré le scénario du film français La Maison de Nina[27], ainsi que le documentaire canadien The Boys of Buchenwald (en).

Alfred Brauner se lance ensuite dans les publications pour la jeunesse en créant en 1945 la collection « Chiche ! La nouvelle édition » avec les dessinateurs Erik et Eugène Gire[28],[29]. De 1946 à 1953, il s'investit, pour l'association Tourisme et Travail, dans le développement de colonies de vacances dans toute la France[30]. Avec l'architecte François Peatrick, il apporte des idées novatrices au concept de village d'enfants, en présentant un projet d'un centre de vacances pour jeunes qui sera construit par la société Dunlop[31],[32].

En 1950, Alfred Brauner créé le « Groupement de Recherches Pratiques pour l’Enfance » qui regroupe les professionnels de l’enfance afin d’élaborer des méthodes médico-pédagogiques destinées à l’éducation des enfants handicapés mentaux[16]. En 1955, il fonde un hôpital de jour pour enfants handicapés mentaux et physiques à Paris, qui sera transféré à Saint-Mandé en 1960 et travaille à la réadaptation de ces enfants dits « inadaptés » en privilégiant l’aspect éducatif[8],[6]. Alfred Brauner a été le parrain de l'association Enfants Réfugiés du Monde, ainsi que l'unique président non-médecin de la Société française de psychopathologie de l'expression et d'art-thérapie (SFPE-AT)[33],[34]. Il a été récompensé de la médaille Hans Prinzhorn de la Société germanophone de la psychopathologie de l'expression (DGPA) en 1976[2],[8]. En 1986, Jacques Chaban-Delmas lui offre la médaille de la ville de Bordeaux[9].

Au cours de leur carrière, les docteurs « Fred et Fritzi Brauner »[26] ont analysé des dessins-témoignages d’enfants collectés dans le monde entier auprès d'enfants d'une vingtaine de pays en guerre : la guerre des Boers, la Première Guerre mondiale, la guerre d’Espagne, l'Allemagne hiltérienne, Pologne 1939, les camps de concentration, Hiroshima-Nagasaki, Polisario, le Conflit israélo-palestinien, la guerre du Liban, la guerre d'Algérie, la guerre du Sahara occidental, El Salvador, Afghanistan, guerre du Golfe, Bosnie, Tchétchénie, etc.[7].

Du au , au siège de l’Unesco de Paris, lors de l’exposition de plus de 200 dessins d'enfants ayant vécu la guerre, intitulée « J'ai dessiné la guerre. Un siècle de dessins d'enfants dans les guerres (1900-1999) », sous le haut parrainage et en présence de Simone Veil, ces dessins-témoignages appartenant à la collection Brauner ont été considérés comme faisant partie du « patrimoine de l’humanité » et ont révélé l'impact de la violence extrême de la guerre pour l'enfant[35]. Cette exposition a ensuite été montrée à Hiroshima, Jérusalem, Budapest, Vienne et dans plus de 40 villes d'Allemagne. Du 7 au 9 décembre 2011, un hommage pour le 100e anniversaire de la naissance des époux Brauner est organisé au siège de l'Unesco, avec un colloque international intitulé « Enfances en guerre. Témoignages d'enfants sur la guerre »[36].

Prix et honneurs

Publications (sélection)

Thèses

Ouvrages individuels

Enregistrement sonore : Les Enfants des Confins, Entretiens sur l'autisme, Émission de France Culture, Alfred Brauner et Emmanuel Hirsch (real.), Madeleine Cooper (chant), Paris,  éd. Radio France, distrib. Auvidis, 1985.

Ouvrages collectifs (avec F. Brauner)

Traduction espagnole : Vivir con un nino autistico,  éd. Paidos Iberica Ediciones S A, 1981 (ISBN 8475091148)
Traduction italienne : Vivere con un bambino autistico,  éd. Giunti Editore, 2007 (ISBN 8809041143)

Articles (sélection)

Filmographie (sélection)

Bandes dessinées

Bibliographie (sélection)

Ouvrages

Traduction anglaise : I have drawn pictures of the war. The eye of Françoise and Alfred Brauner (2012).

En allemand

Articles

Autres citations

Notes et références

  1. a b c et d Yannick Ripa, « Naissance du dessin de guerre. Les époux Brauner et les enfants de la guerre civile espagnole », Vingtième Siècle. Revue d'Histoire,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a et b (de) Deutschsprachige Gesellschaft für Kunst & Psychopathologie des Ausdrucks e.V., « Preisträger der Hans Prinzhorn Medaille », sur https://www.dgpa.org/ (consulté le ).
  3. a et b (de) Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes, « ÖsterreicherInnen für Spaniens Freiheit 1936-1939 », sur http://www.doew.at/ (consulté le ).
  4. a b et c Françoise Erna Brauner, « L'anéantissement de deux réseaux de la résistance », Sud/Nord,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. a b c d e f g h et i Brauner Françoise et Brauner Alfred, L'accueil des enfants survivants, Cahiers du groupement de recherches pratiques pour l'enfance,
  6. a b et c Bibliothèque du Mémorial de la Shoah, « BIBLIOGRAPHIE « Enfants juifs d’Europe 1933-1945 : persécutions, extermination, sauvetages » », sur http://www.memorialdelashoah.org (consulté le ).
  7. a b et c Brauner Françoise et Brauner Alfred, J'ai dessiné la guerre : le dessin de l'enfant dans la guerre, Expansion Scientifique Française, (ISBN 2-7046-1378-8), Préface par Didier-Jacques Duché
  8. a b c d e et f www.cairn.info, « Biographie du docteur Françoise Brauner », Sud/Nord,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. a b c et d Brauner Claude-Michel, « Alfred et Françoise Brauner par leur fils » (consulté le )
  10. Boris Cyrulnik, De Chair et d'âme, Éditions Odile Jacob, (ISBN 978-2744197031), page 229
  11. Perrier Edmond, « À Alfred Brauner », Sud/Nord,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. (en) « Context of 'October 6, 1948: B-29 Crashes in Georgia; Subsequent Lawsuit Becomes Focus of Government’s ‘State Secrets Privilege’ Assertion' », sur http://www.historycommons.org/ (consulté le ).
  13. (en) Siegel Barry, « A Daughter Discovers What Really Happened », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. (en) Siegel Barry, « How the Death of Judy’s Father Made America More Secretive », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. (en) « Daughters of the Cold War. Three women sue the Air Force for covering up the deaths of their fathers in a 1948 test flight. », Legal Affairs,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. a et b Marina Mintec, « FONDS BRAUNER:REPERTOIRE NUMERIQUE », (consulté le ).
  17. (es) Université de Barcelone, « DADES DEL BRIGADISTA. BRAUNER, Alfred », sur http://sidbrint.ub.edu/en (consulté le )
  18. (en) Sugarman Martin, « Against Fascism - Jews who served in The International Brigade in the Spanish Civil War », sur https://www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le )
  19. a b et c Alfred Brauner, Les répercussions psychiques de la guerre moderne sur l'enfance (Thèse de doctorat), Paris, Université de Paris,
  20. (es) Manuel Requena Gallego et Rosa María Sepúlveda Losa, « La sanidad en las Brigadas Internacionales », Ediciones de la Universidad de Castilla-La Mancha,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. (es) Lefebvre Michel, Latorre Marga et Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (France). Musée d'histoire contemporaine., « Las brigadas internacionales : imágenes recuperadas », Lunwerg Editores,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. (es) Virgilio Ibarz Serrat, « Los dibujos infantiles de la guerra 1937-1938: el caso de la niña de Ballobar », Diario del AltoAragón,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. « Château de la Guette durant la Seconde Guerre mondiale (WWII) », sur http://www.ajpn.org/index.php (consulté le ).
  24. Émilie Lochy, « Extrait de l'ouvrage : Enfances en guerre - Témoignages d'enfants sur la guerre », Le Cercle Psy,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. a et b (en) Brauner Alfred et Brauner Françoise, « Children's Drawings and Nuclear War », The Journal of the American Medical Association,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. a et b Christophe Boltanski, La Cache, Éditions Stock, , pages 186-187
  27. « La maison de Nina », Les jeudis du cinéma,‎ (lire en ligne, consulté le )
  28. Brauner Fred (scénario) et Gire Eugène (dessin), Télé et Fone. Petits messagers, Chiche ! La nouvelle édition,
  29. Brauner Fred (scénario) et Erik (dessin), Jim, John et la Jeep, Chiche ! La nouvelle édition,
  30. Pattieu Sylvain, Tourisme et travail. De l'éducation populaire au secteur marchand (1945-1985), Presses de Sciences Po,
  31. Toulier Bernard, « Les colonies de vacances en France, quelle architecture ? », sur https://www.openedition.org/, (consulté le ).
  32. Grimaud Romain, « Étude sur le patrimoine des colonies de vacances », sur https://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Pays-de-la-Loire, (consulté le ).
  33. Société Française de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-thérapie, « Quelques dates qui marquent les avancées sur trois voies parallèles. La voie "hexagonale" », sur https://www.sfpe-art-therapie.fr/ (consulté le ).
  34. Bibliothèque nationale de France, « Notice de personne. Brauner, Alfred (1910-2002) », sur https://catalogue.bnf.fr/index.do.
  35. Mathilde Lévêque, « Enfances en guerre. Témoignages d’enfants sur la guerre », (consulté le ).
  36. UNESCO, « Enfances en guerre. Témoignages d’enfants sur la guerre », sur https://fr.unesco.org/, (consulté le ).
Sources audiovisuelles