Joseph Joffo
Joseph Joffo IMG 2476.JPG
Joseph Joffo en 2011.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinctions
Œuvres principales
  • Un sac de billes (1973)
  • Anna et son orchestre (1975)
  • Baby Foot (1977)
  • La jeune fille au pair (1984)
Père-Lachaise - Division 62 - Joffo 01.jpg
Vue de la sépulture.

Joseph Joffo, né le à Paris 18e (quartier de Clignancourt) et mort le [1],[2] à Saint-Laurent-du-Var, est un coiffeur réputé. Il est principalement connu pour avoir raconté son enfance juive durant l'occupation allemande dans son roman Un sac de billes paru en 1973 à l'âge de 42 ans. Il débute alors une carrière d'écrivain, de scénariste et d'acteur français.

Biographie

Joseph Joffo à la Comédie du livre de Montpellier, 2010.
Joseph Joffo à la Comédie du livre de Montpellier, 2010.

Jeunesse

Fils de Romain Joffo, coiffeur né le 15 mai[3] 1890 à Biechewkovici (Russie) et mort en déportation au camp d'Auschwitz, et de la violoniste Anna Markoff, Joseph Joffo passe son enfance dans le 18e arrondissement de Paris. Il est scolarisé avec son frère Maurice à l'école élémentaire de la rue Ferdinand-Flocon, enfance qu'il décrit dans son roman Agates et Calots paru en 1995. Quand surviennent la guerre et l'occupation allemande, la famille Joffo est persécutée en tant que juive. La fuite des deux frères Joseph et Maurice Joffo vers la zone libre est racontée dans le roman Un sac de billes où il relate notamment ses séjours dans les villes d'Aix-les-Bains et Rumilly. Il traverse la ligne de démarcation à Hagetmau (Landes) aidé par un jeune du village. À la fin de la guerre, Joseph Joffo retrouve à Paris sa mère et ses trois frères. Son père est déporté à Auschwitz[3] par le convoi n° 62 du 20 novembre 1943. Sa vie dans l'après-guerre et sa découverte des valeurs américaines sont racontées dans le roman Baby-foot paru en 1977. Le garçon arrête ses études à l'âge de 14 ans avec le certificat d'études en poche et reprend avec ses frères le salon de coiffure de sa famille.

Coiffure

L'entreprise familiale de la rue de Clignancourt se développe avec l'achat en avec ses frères du salon de la place Victor Hugo dans le 16e arrondissement de Paris qui sera son salon principal. Ce sont 12 salons et 450 employés à Paris qui sont gérés par la famille dans les meilleures années. D'après ses déclarations dans la presse, de nombreuses personnalités fréquentent son salon : Pierre-Christian Taittinger, François Mitterrand, Jacques Chirac et sa femme Bernadette, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo[4]... En , alité à la suite d'un accident de ski, il se met à l'écriture; il n'abandonne pas pour autant la gestion de l'entreprise de coiffure.

Succès d'Un sac de billes

Joseph Joffo se met à l'écriture vingt-six ans plus tard en racontant ses souvenirs d'enfance dans son premier roman, Un sac de billes. Le roman est d'abord refusé par quatre éditeurs[5] avant d'être accepté par les Éditions Jean-Claude Lattès. Le manuscrit est toutefois remanié avant sa parution par Claude Klotz (l'écrivain Patrick Cauvin), dont le nom n'apparaît pas sur la couverture, bien qu'il soit remercié en début d'ouvrage. Joffo a décrit sa relation de travail avec Claude Klotz dans les termes suivants : « J'ai retravaillé le texte d'Un sac de billes avec Claude Klotz, alias Patrick Cauvin. J'avais tout raconté au passé. Il m'a appris le présent historique »[6]. L'auteur admet lui-même ses lacunes littéraires à ses débuts comme il l'explique dans une tribune au Figaro : « J'avais un style ampoulé, dans le style des actualités Paramount. Je manquais de recul »[6]. Joffo recourt à des nègres littéraires, chargés de réécrire ses romans, parmi lesquels Guy Benhamou[7]. Dans un article du Monde, l'un de ses anciens nègres raconte que Joseph Joffo « écrivait tout lui-même sur de grands cahiers à spirale à petits carreaux sans laisser aucune marge, 150 pages bien serrées, bourrées de fautes », avant de les donner à remanier[8].

Le roman est couronné par l'Académie française en 1974. L'année suivante, Joseph Joffo est fait citoyen d'honneur de la ville de Rumilly, en mémoire de son passage dans cette ville de Haute-Savoie pendant la guerre. Le roman connaît un grand succès et fait l'objet d'adaptations régulières (cinéma, théâtre amateur, bandes dessinées, enregistrements audio) et de multiples rééditions au format papier ou numérique. Il existe des traductions dans une vingtaine de langues dont une édition chinoise parue en 2012. À ce jour, le livre s'est vendu à plus de vingt millions d'exemplaires, toutes éditions confondues. Le roman, en outre, est fréquemment intégré au programme scolaire de certains élèves européens qui étudient l'histoire de la Shoah.

Autres romans

D'autres romans témoignages suivent comme Anna et son orchestre (1975) (pour lequel il reçoit le Prix RTL grand public), où il relate la jeunesse de sa mère et son voyage de la Russie tsariste à Paris, Baby-foot (1977), ainsi que La Jeune fille au pair (1984) qui retrace l'arrivée d'une jeune fille au pair allemande juste après la guerre dans une famille juive.

Affaire Maurice Joffo

En 1985, son frère Maurice est arrêté : c'est l'un des plus grands receleurs de bijoux volés de Paris. L'instruction est confiée à Jean-Louis Debré. Pour disculper son frère, Joseph Joffo déclare : « C'est la faute à notre enfance juive et traquée durant l'Occupation. Mon frère avait besoin d'entasser, de garder. Cela le sécurisait, probablement »[9]. Maurice Joffo est condamné à 5 ans de prison et à 7 millions de francs de dommages et intérêts. Maurice Joffo est l'auteur d'un livre autobiographique intitulé Pour quelques billes de plus?, paru chez Jacques Grancher en 1990.

Dernières années

Tombe de Joseph Joffo au cimetière du Père-Lachaise.
Tombe de Joseph Joffo au cimetière du Père-Lachaise.

En 2015, il reçoit la Plume d'or 2016 de la Société des auteurs savoyards[10]. Dans son dernier film en tant qu'acteur, Joseph Joffo interprète le rôle de Kolb, dans L'Origine de la violence d'Élie Chouraqui, diffusé en mai 2016. Les dernières années de sa vie, Joseph Joffo partage son temps entre Épeigné-sur-Dême en Indre-et-Loire[11], Paris et Cannes[12].

Il meurt le à Saint-Laurent-du-Var et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 62).

Publications

Les dates de parution sont celles des premières éditions en français.

Contes pour enfants

Romans

Autres

Présentations et préfaces

Scénarios

Filmographie

Distinctions

Prix

Hommage

Notes et références

  1. « Joseph Joffo, l'auteur d'"Un sac de billes", est décédé à l'âge de 87 ans », sur dhnet.be, 6 décembre 2018
  2. Loïs Rakotonoera, « L’auteur d’« Un sac de billes », Joseph Joffo, s’est éteint », sur Toutelaculture, (consulté le )
  3. a et b Voir, Klarsfeld, 2012.
  4. Eric Le Mitouard, « Joseph Joffo : « Après 40 ans de métier, maintenant je sais écrire » », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Un sac de billes, postface, Jean-Claude Lattès, 1998, p. 249.
  6. a et b « Joseph Joffo, plus malin que la Gestapo », Astrid De Larminat, Figaro, 22 juillet 2011
  7. « Les nègres des politiques tombent le masque », Michaël Moreau, Les Inrockuptibles, février 2011
  8. « La vie des autres », Béatrice Gurrey, lemonde.fr, 4 mars 2010
  9. « Monsieur Joffo trahi par “Le Grand Maurice”. Un trésor de 50 millions de francs exposé au quai des Orfèvres. C'est le magot du plus grand receleur du siècle », Jean Cau, Paris Match n° 1868, 15 mars 1985, pages 82 et 83.
  10. Joseph Joffo sur le site de la Société des auteurs savoyards
  11. Joseph Joffo in La nouvelle République, 18 janvier 2017
  12. Biographie in Who's who in France, édition 2017, p. 1179

Voir aussi

Sources

Bibliographie

Études

Adaptations en bande dessinée

Adaptations au cinéma

Liens externes

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