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Travaux de réparation sur une ligne de chemin de fer, peinture de Constantin Savitski exécutée en 1874.

Selon la définition de l'AFNOR, la maintenance vise à maintenir ou à rétablir un bien dans un état spécifié afin que celui-ci soit en mesure d'assurer un service déterminé[1].

La maintenance regroupe ainsi les actions de dépannage et de réparation, de réglage, de révision, de contrôle et de vérification des équipements matériels (machines, véhicules, objets manufacturés, etc.) ou même immatériels (logiciels).

Un service de maintenance peut également être amené à participer à des études d'amélioration du processus industriel, et doit, comme d'autres services de l'entreprise, prendre en considération de nombreuses contraintes comme la qualité, la sécurité, l'environnement, le coût, etc.

Maintenance d'un générateur électrique mobile par le soldat Tracey Gonzales dans le hangar du porte-avions américain Carl Vinson en 2011.
Maintenance d'un générateur électrique mobile par le soldat Tracey Gonzales dans le hangar du porte-avions américain Carl Vinson en 2011.

Évolution sémantique

En français, au XIVe siècle, le mot signifie « action de conserver une possession[2] » pour évoluer vers « action de maintenir, maintien, soutien, au XVIe siècle[2] ».

Le terme est emprunté outre-Manche vers la même époque, dans le sens de « tenue », « comportement », évoluant, au début du XVe siècle, vers celui de « maintenir ou garder en vie »[3].

Dans son acception actuelle, le terme de « maintenance » est un anglicisme partiel. Il est donné comme « réemprunt intégré » par le linguiste Jean Tournier dans Les Mots anglais du français : « maintenance (...) (mintt-nanss), n. f. a) 1953. Maintien numérique des effectifs et du matériel d'une troupe au combat ; b) 1962, plus généralement, ensemble des opérations d'entretien du matériel. Du moyen français maintenance « protection ». Réemprunt intégré. Admis au J. O. au sens b) dans différents domaines (18.01.73, 19.02.84, 21.03.86) »[4].

Définitions normatives

Une première définition normative de la maintenance est donnée par l'AFNOR en 1994 (norme NFX 60-010), à savoir « l'ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un bien dans un état spécifié ou en mesure d’assurer un service déterminé ».

Depuis 2001, elle a été remplacée par une nouvelle définition, désormais européenne (NF EN 13306 X 60-319) : « Ensemble de toutes les actions techniques, administratives et de management durant le cycle de vie d'un bien, destinées à le maintenir ou à le rétablir dans un état dans lequel il peut accomplir la fonction requise. »

La Fédération européenne des sociétés nationales de maintenance (European Federation of National Maintenance Societies ou EFNMS)[5] propose une définition similaire en anglais : « All actions which have the objective of retaining or restoring an item in or to a state in which it can perform its required function. The actions include the combination of all technical and corresponding administrative, managerial, and supervision actions » (littéralement : « Toutes les actions qui ont pour objectif de garder ou de remettre une chose en état de remplir la fonction qu’on exige d’elle. Ces actions regroupent toutes les actions techniques et toutes les actions d’administration, de direction et de supervision correspondantes »).

Typologie de la maintenance du matériel

Il existe deux façons complémentaires d'organiser les actions de maintenance :

Diverses méthodes permettent d'organiser la planification et l'ordonnancement des actions de maintenance :

Il existe des méthodes (par exemple, la méthode Maxer) et des logiciels de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO), spécialement conçus pour assister les services de maintenance dans leurs activités.

Typologie de la maintenance des logiciels

En informatique logicielle, on divise la maintenance en plusieurs types :

On parle également de maintenance évolutive : cela consiste à faire évoluer l'application en l'enrichissant de fonctions ou de modules supplémentaires, ou en remplaçant une fonction existante par une autre, voire en proposant une approche différente. Mais au sens de l'AFNOR, ce n'est même plus de la maintenance, puisque la maintenance consiste précisément à assurer qu'un bien continue de remplir sa fonction correctement[6], non à l'améliorer.

Niveaux de maintenance

La norme NF X 60-000 (avril 2016) définit, à titre indicatif, cinq « niveaux de maintenance » (comprendre « interventions ») :

Travaux Lieu Personnel Exemple
Niveau 1 Réglages simples - pas de démontage ni ouverture du bien Sur place Exploitant du bien Remise à zéro d'un automate après arrêt d'urgence, changement de consommable
Niveau 2
  • Dépannage par échange standard
  • Opérations mineures de maintenance préventive
Sur place Technicien habilité Changement d'un relais - contrôle de fusibles - réenclenchement de disjoncteur
Niveau 3
  • Identification et diagnostic de pannes
  • Réparation par échange standard
  • Réparations mécaniques mineures
  • Maintenance préventive (par ex. réglage ou réalignement des appareils de mesure)
Sur place ou dans atelier de maintenance Technicien habilité Identification de l'élément défaillant, recherche de la cause, élimination de la cause, remplacement
Niveau 4
  • Travaux importants de maintenance corrective ou préventive sauf rénovation et reconstruction
  • Réglage des appareils de mesure
  • Contrôle des étalons
Atelier spécialisé avec outillage général, bancs de mesure, documentation Equipe avec encadrement technique spécialisé Intervention sur matériel dont la remise en service est soumise à qualification
Niveau 5
  • Rénovation
  • Reconstruction
  • Réparations importantes
Constructeur ou reconstructeur Moyens proches de la fabrication Mise en conformité selon réglementation d'équipements lourds

Il convient d'associer, dans la détermination des niveaux, la documentation et le matériel nécessaires[7].

Sigles de la maintenance

De même que le mot et le concept, les nombreux sigles de la maintenance sont d'origine anglo-saxonne. Toute une néologie a vu le jour, dont l'élément le plus spectaculaire est la kyrielle des sigles commençant par « MT » (initiales de « mean time », littéralement « temps moyen » (anglicisme), c'est-à-dire durée moyenne, intervalle de temps moyen, et par voie de conséquence, moyenne des temps). Quelques sigles à titre d'exemples, assortis de leur traduction plus ou moins littérale[8] :

Bibliographie

Notes et références

  1. Cf, infra, « Définitions normatives ».
  2. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « Maintenance » (sens B) dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. The Oxford Talking Dictionary, The Learning Company, 1998.
  4. Jean Tournier, Les Mots anglais du français, Belin, 1998, section « Armement, armée », p. 282.
  5. (en) Site de l'European Federation of National Maintenance Societies (EFNMS)
  6. La maintenance - Projet universitaire de Nicolas Terrier, DESS QUASSI 2001-2002, Université d'Angers [PDF]
  7. Christian Coudre, Les différentes formes de maintenance, sur le site TPM Attitude, section « Les 5 niveaux de maintenance ».
  8. Source : The words of industrial maintenance / Les mots de la maintenance industrielle, English-French dictionary for the maintenance professional / Dictionnaire anglais-français pour le professionnel de la maintenance, CERAV, Paris, octobre 2009.
  9. À ne pas confondre avec mean time to fix, temps moyen entre l’apparition d’un problème et sa solution, synonyme de mean time to repair, voir infra.

Annexes

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Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Maintenance (science).

Liens externes