Sam Szafran
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
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Formation
Distinction

Sam Szafran (prononcé[1] [ˈʃa.fran]), pseudonyme de Samuel Berger, né à Paris le et mort à Malakoff le [2], est un artiste peintre français.

Biographie

Enfance et jeunesse

Fils aîné de parents émigrés juifs polonais, Samuel Berger passe les premières années de son enfance dans le quartier des Halles de Paris. Il habite au 158, rue Saint-Martin dans le 3e arrondissement de Paris[3].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il échappe à la rafle du Vélodrome d'Hiver et se cache dans un premier temps chez des paysans dans le Loiret[4], puis à Espalion (Aveyron), dans une famille de républicains espagnols[5]. À dix ans, il est brièvement interné au camp de Drancy d’où il est libéré par les Américains, après la fuite des Allemands le [4].

Alors que son père et une grande partie de sa famille ont été massacrés dans les camps nazis[6], il est envoyé en 1944 par la Croix-Rouge à Winterthur en Suisse[5], où il est accueilli par la famille Halberstadt. En 1947, il embarque à Marseille avec sa mère et sa sœur pour Melbourne en Australie, où ils sont accueillis par un oncle maternel[5].

Formation

À son retour en France en 1951, totalement autodidacte, il suit quelques cours du soir de dessin dans les écoles de la Ville de Paris[5] et mène une existence particulièrement rude et précaire.

Entre 1953 et 1958, il fréquente l’académie de la Grande-Chaumière à Paris, où enseigne Henri Goetz. À Saint-Germain-des-Prés et à Montparnasse, il fait la connaissance de Ipoustéguy, Orlando Pelayo, Jacques Delahaye, Nicolas de Staël, Jean Paul Riopelle, Joan Mitchell, Yves Klein, Jean Tinguely, Roseline Granet et bien d’autres. Il découvre les collages de Kurt Schwitters, les matériologies et texturologies de Jean Dubuffet, Hantaï et Bernard Réquichot. Il réalise alors ses premières œuvres abstraites et premiers collages[5].

Parcours artistique

Boîtes de pastel dans l'atelier de Sam Szafran (2010).
Boîtes de pastel dans l'atelier de Sam Szafran (2010).

Szafran retourne ensuite vers la figuration. Il produit une première série de Choux (1958–1965)[7].

En 1960, une boîte de pastels offerte lui permet une tournure importante dans son œuvre, le pastel devenant sa pratique de prédilection[5]. Alberto Giacometti, qu’il rencontre en 1964 devient officieusement son maître.

En 1964, l’artiste entre à la galerie Claude Bernard à Paris. Le collectionneur Jacques Kerchache organise sa première exposition personnelle en 1965[8]. Par la suite, son œuvre va se resserrer autour de quelques thèmes : Ateliers (1969-1970), Imprimeries (1972), Escaliers (à partir de 1974).

Szafran rejoint pour un temps Fernando Arrabal, Roland Topor et le groupe Panique en 1972. À l'occasion de l'exposition « 60-72. Douze ans d'art contemporain en France » au Grand Palais, il se lie d'une profonde amitié fraternelle avec Henri Cartier-Bresson dont il sera un temps le maître en dessin[5].

En 1977 et 1978, il réalise ses premières grandes aquarelles, variations sur ses thèmes de prédilection : Ateliers, Serres et Escaliers. C’est sur ces mêmes thèmes ainsi que sur celui des Villes, qu’il commence, vers 1987, à combiner le pastel et l’aquarelle, le sec et le mouillé. À partir de 1999, il aborde certains grands Paysages urbains.

En 1999 et 2001, deux rétrospectives sont organisées : la première à la Fondation Gianadda à Martigny en Valais (Suisse)[9],[10], puis, la première présentée à Paris, « L’Atelier dans l’atelier » au musée de la Vie romantique[11].

En 2004 et 2005, il travaille avec le céramiste catalan Joan Gardy Artigas pour la réalisation des deux décors monumentaux Escalier et Philodendrons, destinés au Pavillon Szafran à la Fondation Gianadda, qui est inauguré en 2006[12].

Deux autres grandes rétrospectives vont suivre : « Sam Szafran – dessins, pastels et aquarelles » au musée Max Ernst de Brühl[13], près de Cologne en Allemagne (2010-2011) et « Cinquante ans de peinture » à la Fondation Gianadda (2013)[14]. Il y dévoile pour la première fois ses très grands formats.

Le Pavillon Szafran à Martigny, Suisse

En 2015 est inaugurée la Salle Sam Szafran au Pavillon Szafran de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny. C'est le seul hommage muséal permanent à l'artiste en Europe, décidé par Léonard Gianadda * La salle est enrichie de manière significative en 2021 et présente désormais en permanence 12 importantes peintures, des oeuvres sur papier, une table de pastels Roché etc.

Famille et vie privée

Il épouse en 1963 Lilette Keller, née à Moutier (Jura suisse). Elle donne naissance à leur fils Sébastien l’année suivante[5].

À partir de 1974, la famille réside à Malakoff[15].

Sam Szafran meurt le à Malakoff à 84 ans[16]. Il est inhumé le suivant au cimetière parisien de Bagneux.

Distinction

Prix

Expositions et réalisations

Expositions individuelles

Expositions collectives (sélection)

Réalisations monumentales

Notes et références

  1. Dans les milieux francophones, Szafran est prononcé [ˈʃa.fran] (approximativement comme « sha-frane »). En Pologne, il est prononcé de façon très légèrement différente [ˈʂa.frãn] (approximativement comme « shha-fran-n' »). Le nom de famille dérive du mot polonais szafran (l'épice safran).
  2. Valérie Duponchelle, « Sam Szafran, un artiste seul dans sa jungle », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le ).
  3. Sam Szafran, « Cinquante ans de peinture », Fondation Pierre Gianadda. 7 mars 2013. Sur artistikrezo.com.
  4. a et b « Le cri intérieur de Szafran », sur L'Arche, (consulté le ).
  5. a b c d e f g et h Pierre Aimar, « Sam Szafran, 50 ans de peinture, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, du 8 mars au 16 juin 2013 | Page 2 », sur arts-spectacles (consulté le ).
  6. Dans Klarsfeld, 2012, on trouve à l'adresse du 158, rue Saint-Martin, dans le 3e arrondissement de Paris le nom de Doba Szafran, né le 16 janvier 1901, à Varsovie, déporté par le Convoi No. 10, en date du 24 juillet 1942, du Camp de Drancy vers Auschwitz. Il y a quinze autres Szafran, dans cette même page, mais avec une adresse différente.
  7. « Le peintre Sam Szafran est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. « Disparition du peintre Sam Szafran », sur Connaissance des Arts, (consulté le ).
  9. a et b Sam Szafran, éd. par Jean Clair, cat. exp., Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2000.
  10. Et présentée ensuite à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence.
  11. a et b Sam Szafran. L'Atelier dans l'atelier 1960-2000, éd. par Daniel Marchesseau, textes de Michel Le Bris, cat. exp. musée de la Vie romantique, Paris, 2000.
  12. Daniel Marchesseau, Le Pavillon Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005.
  13. Sam Szafran – dessins, pastels et aquarelles, éd. par Julia Drost et Werner Spies, cat. exp. Brühl, Max Ernst Museum, Brühl, 2010.
  14. a et b Sam Szafran, cinquante ans de peinture, éd. par Daniel Marchesseau, avec des contributions de Jean Clair, Estelle Pietrzyk et Werner Spies, cat. exp., Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2013.
  15. Daniel Marchesseau, « Le banditisme ou la peinture… », entretien avec Daniel Marchesseau, dans cat. exp. Sam Szafran, L'Atelier dans l'atelier 1960-2000, musée de la Vie romantique, Paris, 2000, p. 17-26.
  16. Voir sur lefigaro.fr, 14 septembre 2019.
  17. Par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication.
  18. « Sam Szafran : disparition d’un artiste singulier - 16 septembre 2019 - lejournaldesarts.fr », sur Le Journal Des Arts (consulté le ).
  19. Sam Szafran, IIIe prix Piero Crommelynck, estampes, galerie de l’ancien collège, Châtellerault, 2011.
  20. Catalogue, texte de Pierre Schneider.
  21. Catalogue, textes de Fouad El-Etr, Jean Paget et Georges Schéhadé.
  22. Catalogue, texte de Fouad El-Etr.
  23. a et b Catalogue, texte de James Lord.
  24. a b et c Catalogue, texte de Jean Clair.
  25. Catalogue, texte de Orlando Pelayo, Jean-Dominique Rey et Henri Cartier-Bresson.
  26. Texte de Daniel Marchesseau.
  27. Catalogue, textes de Julia Drost, Werner Spies, Jean Clair, Daniel Marchesseau et Estelle Pietrzyk.
  28. Livret, textes d’Estelle Pietrzyk, Jean Clair et Alain Madeleine-Perdrillat.
  29. Exposition présentée par l’Association française d'action artistique.
  30. Album publié par le musée et la Réunion des musées nationaux.

Annexes

Bibliographie

Filmographie

Liens externes