Edith Klebinder
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Edith Klebinder (née Muller le à Vienne, Autriche et morte le à Calmont, Haute-Garonne) est une Française d'origine autrichienne déportée à Auschwitz en même temps que la majorité des Enfants d'Izieu et qui témoigne sur leur sort au procès de Klaus Barbie.

Biographie

Edith Muller est née le à Vienne, en Autriche[1].

Elle est l'épouse de Gerard Klebinder, né le à Vienne[1].

Déportation à Auschwitz

Edith Klebinder est déportée par le convoi no 71 du , du camp de Drancy vers Auschwitz[1]. Son mari, Gerard Klebinder, est déporté par le convoi no 77 du , du camp de Drancy vers Auschwitz[1].

Leur dernière adresse à Lyon est 30 rue des Chartreux[1].

Arrivée à Auschwitz

Edith Klebinder décrit l'arrivée à Auschwitz :

« Quand nous sommes arrivés à la gare de Birkenau dans la soirée du 15 avril [1944], nous sommes tous descendus des trains. Un S.S., qui était là demanda si quelqu'un parlait français et allemand. J'ai dit moi, car j'étais une autrichienne vivant en France et parlant les deux langues. Le S.S. me dit de demander à toutes les femmes leur âge, en particulier celles des trois derniers wagons. J'ai fait l'interprète, demandant à toutes les femmes des trois derniers wagons leur âge. C'est alors que j'ai réalisé qu'il y avait un groupe d'environ trente enfants dans le dernier wagon, accompagnés par plusieurs femmes. Ces enfants n'étaient pas avec leur familles, mais un groupe d'enfants escortés. Le S.S. me dit demander aux escortes si elles étaient les parents de ces enfants. Elles ont toutes répondu, « Non, mais nous sommes pratiquement leurs mères adoptives ». J'ai traduis cette phrase en allemand, et le S.S. m'a dit de demander aux femmes si elles voulaient rester avec les enfants. J'ai alors demandé, « Voulez-vous rester avec ces enfants ? » Elles ont répondu : « Bien sûr ». Le S.S. leur dit alors d'embarquer sur les camions avec les enfants, ajoutant, « Vous arriverez là-bas plus rapidement ». Ils sont tous montés dans les camions, et je ne les ais plus revus[2],[3]. »

Témoin au procès de Klaus Barbie

Edith Klebinder témoigne au procès de Klaus Barbie [4],[5],[6],[7], le [8].

Au tribunal, Edith Klebinder parle avec émotion. Elle pensait à son arrivée à Auschwitz que c'était un camp de travail, sans réaliser que la grande majorité de ceux non-sélectionnés pour le travail était conduit directement aux chambres à gaz. Elle se demandait ce qu'il était advenu des enfants. Elle interroge plusieurs personnes, qui la regardent comme si elle était folle. Finalement, une femme lui dit : « Tu n'as pas vu les cheminées[9]. »

Mort

Edith Klebinder est morte le à Calmont en Haute-Garonne[10],[11].

Pour approfondir

Bibliographie

Articles connexes

Notes et références

  1. a b c d et e Voir, Klarsfeld, 2012.
  2. (en) Serge Klarsfeld. French Children Of The Holocaust. A Memorial, p. 413.
  3. Le procès Barbie: le rappel de ce que fut la rafle d'Izieu. JT FR3 Rhône Alpes. video. 27 mai 1987. ina.fr. Intervention d'Edith Klebinder.
  4. [0=isubjectperson:%22Kl%C3%A9binder,%20Edith,%201914-2010%22&hitStart=5&hitPageSize=16&hitTotal=10 Procès Klaus Barbie: Edith Müller-Klébinder, témoin du ministère public. bibliothèque municipale de Lyon.]
  5. (en) Stanley Meisler. 'They Burned All of Them': Barbie Trial Focuses on 44 Slain Jewish Children. Los Angeles Times, June 02, 1987.
  6. Gilles Smadja. Des noms, des chiffres, des fleurs. L'humanité. Jeudi, 30 mars, 1995/
  7. Dominique Missika & Philippe Truffault. Le Procès Barbie. Médiathèque. Documentaires.
  8. Le 1er juin 1987. Procès Barbie, 30 ans après. Alain Jakubowicz,
  9. (en) Barbie Trial Told How Children Died. The New York Times, June 2, 1986.
  10. Avis de décès Calmont (31560). Obsèques de Madame Edith KLEBINDER née MULLER. Décédée à l'âge de 96 ans. Publié le 4 août 2010.
  11. Maison d'Izieu. Mémorial des enfants juifs exterminés. Rapport d'activités 2010. Assemblée générale du 24 avril 2011, p. 5.
  12. (en) R.A.C. Parker, 2001, p. 272.
  13. François Azouvi, 2012, p. 2005.
  14. (en) Judith Miller, 2012.